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Le guide d'intégration DISCAS
Un exemple en géographie

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LE TRAITEMENT MONODISCIPLINAIRE DU CONTENU PROPRE À LA GÉOGRAPHIE


LE TRAITEMENT INTELLECTUEL

Commençons par détailler le travail intellectuel que tout enseignant de géographie, même sans préoccupations interdisciplinaires, doit effectuer avant d'aborder cet objectif.

L'objet de la géographie, c'est l'espace, et particulièrement l'espace défini par la surface de la Terre: ses composantes et subdivisions, son évolution, son occupation, ses représentations graphiques.

Il faut d'abord établir qu'il existe, sur Terre:

Ce sont, bien sûr, les espaces terrestres sur lesquels vont porter l'immense majorité des apprentissages en géographie. Ce sont des portions d'espace, qui possèdent donc trois dimensions:

La géographie nomme ces portions d'espace terrestre des territoires.

Les territoires se divisent et se subdivisent. Les plus grandes divisions sont les continents. Eux-mêmes se subdivisent en pays et en régions.

Un pays est un territoire qui possède des frontières qui le délimitent clairement et précisément, de façon naturelle ou conventionnelle. Les humains qui vivent sur ce territoire présentent habituellement certaines caractéristiques communes et sont organisés dans leur vie sociale en une pyramide hiérarchique dont le sommet est un gouvernement souverain qui possède l'autorité unique et suprême sur ce territoire. Pour cerner correctement le concept de pays, l'enseignant devra donc faire ressortir:

Le concept de région est beaucoup moins opérationnel. Il faudra distinguer entre les deux sens possibles de ce terme:

On pourrait résumer la codification géographique de l'espace par l'arborescence suivante:

ESPACE

Zone (au sens large: climatique, de végétation, etc.)

  • Espace marin
    • Océan, mer
  • Espace terrestre (territoire)
    • Continent
      • Région (non délimitée précisément)
        • Pays
          • Région (délimitée)

 

LE TRAITEMENT PÉDAGOGIQUE

Ce traitement de l'objet une fois effectué, l'enseignant de géographie pourra inclure ces concepts dans des tâches d'apprentissage qui pourront demander à l'élève, selon le cas:

Pour élaborer ces tâches, l'enseignant devra évidemment (ne perdons pas de vue que l'objectif terminal parle d'UTILISER le globe terrestre, la carte du monde et l'atlas) initier l'élève à ces représentations graphiques du territoire et les lui faire manipuler.

Il devra enfin inclure ces tâches dans une ou des activités d'apprentissage propres à motiver l'élève et à lui faire apprendre ces notions, et donc prévoir des mises en situation, des expérimentations, des objectivations et des réinvestissements, faire appel à des exercices, pratiquer l'évaluation formative et tutti quanti.

Alors seulement, et pas avant, peut-il commencer à consulter son manuel pour se donner des idées ... Tout ce que nous venons de décrire n'est qu'un travail préalable à la construction ou au choix d'une activité d'apprentissage. La plupart des enseignants le font, mais intuitivement. Si on veut enseigner l'abstraction, il faut le faire explicitement. Sinon, pourra-t-on ensuite reprocher à l'élève de n'en avoir, lui aussi, que des intuitions?

Jusqu'ici, nous nous sommes bornés à décrire le travail de préparation que tout enseignant de géographie fait déjà, de façon explicite ou intuitive, globale ou détaillée, formelle ou informelle, s'il prétend enseigner cet objectif. Bien sûr, dans cet exemple précis, nous avons choisi un objectif faisant appel à des concepts qui ne sont pas entièrement nouveaux pour l'élève de 1re secondaire: il a déjà abordé, au moins intuitivement, ces concepts dans son cours de sciences humaines au primaire et les utilise, au moins de façon floue, dans sa vie courante, ne serait-ce que lorsqu'il fait un voyage avec ses parents. L'enseignant doit construire à partir de ce que l'élève sait déjà, sans tout recommencer au déluge!

Mais il lui appartient de vérifier si ces concepts sont bien acquis et encore présents dans le cerveau de l'élève, et de ne pas prendre leur maîtrise pour acquise. L'une des faiblesses importantes de l'enseignement secondaire, qui provient du caractère spécialisé de ce dernier par rapport au primaire, réside dans ce que le pédagogue québécois Ulric Aylwin nomme "les professeurs fantômes": ceux qui, dans une autre matière ou au cours d'une année précédente, ont bien dû, à un moment donné et quelque part, enseigner des préalables que l'on suppose maîtrisés sans les vérifier. Pour exorciser ces fantômes, l'enseignant doit procéder à une vérification des préalables. Selon les résultats de cette vérification, ses activités d'enseignement en seront de rappel, de consolidation, d'explicitation ou, carrément, d'initiation.


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