Les projets intégrateurs (suite)

Des interactions sociales

Par leur nature même, ces projets intégrateurs se réalisent idéalement dans un cadre coopératif. La nature collective des réalisations amène nécessairement les élèves à discuter ensemble des différents choix qui s’offrent à eux à chaque étape du projet, à se répartir des tâches, à coordonner leurs réalisations individuelles dans un plan d’ensemble et à prendre des décisions sur une base collective. Le projet intégrateur est le lieu par excellence du travail d’équipe.

La vogue de l’apprentissage coopératif a toutefois entraîné une certaine école de pensée à n’envisager les activités collectives que dans un contexte où chacun contribue à la réalisation d’ensemble et à soigneusement gommer du cadre scolaire toute référence à quelque forme de compétition. Cette rectitude politique conduit, selon nous, à se priver d’une richesse d’interactions.

C’est oublier que la compétition, que ce soit sous forme de concours ou de soumission, est une puissante motivation pour les élèves. Les sports d’équipe, auxquels ils participent avec enthousiasme, en font la démonstration quotidienne. Et si l’école doit préparer à la "vraie vie", il ne faut pas perdre de vue que celle-ci comporte autant de situations de coopération et de collaboration que de situations de concurrence et de compétition.

L’important, selon nous, n’est pas d’éliminer toute situation de compétition; l‘important, c’est de s’assurer que la compétition demeure un stimulant positif et qu’elle ne privilégie pas toujours les mêmes habiletés, les mêmes talents ni, finalement, les mêmes élèves. Et que, dans un cadre scolaire, elle conserve la plupart du temps un caractère ludique.

Voilà pourquoi, même si nous souscrivons à la toile de fond coopérative pour la réalisation de ces projets, nous encouragerons occasionnellement une approche coopérative-compétitive, c’est-à-dire des situations où l’élève doit à la fois coopérer avec des partenaires au sein d’une équipe et tenter, avec eux, de faire mieux que des concurrents d’une autre équipe. Ainsi, dans le cadre de la réalisation d’un journal scolaire par exemple, il nous semble parfaitement pédagogique de demander à des équipes différentes d’imaginer un logo pour le journal et de choisir ensuite, collectivement, celui qui sera retenu pour le produit final.

L’évaluation qui suivra nécessairement la réalisation de tout projet devrait faire ressortir clairement que l’important n’est pas de gagner (même si, dans ce cas de figure, il y a un gagnant), mais de réaliser des apprentissages. Et ces derniers se réalisent tout aussi bien (mieux, même, parfois) en situation de "perdant" que de "gagnant".

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