Les projets intégrateurs (suite)

Des prétextes aux apprentissages

Chacun des projets intégrateurs présentés dans cet ouvrage possède un potentiel important de motivation pour les élèves et peut donner lieu à une importante mobilisation d’énergies dans la classe. Précisément pour cette raison, il existe un risque important qu’il devienne une fin en soi. C’est un écueil que l’enseignant se devra d’éviter à tout prix.

La fonction d’une classe n’est pas de publier un journal ou de tenir une exposition. Ces projets n’ont de sens que s’ils visent, en premier lieu, à réaliser des apprentissages prévus dans le Programme de formation pour la classe concernée; bref, s’ils sont des prétextes aux apprentissages, un contenant particulier visant à organiser dans un ensemble signifiant une diversité de tâches d’apprentissage. En planifiant avec son groupe la réalisation de tel ou tel projet, l’enseignant devra identifier les compétences disciplinaires et transversales que ce projet vise à développer et en tenir compte dans la réalisation et dans l’évaluation. C’est à cette condition qu’il demeurera un enseignant au lieu de devenir un chef de projet.

Nous identifions, en annexe, les compétences transversales et les domaines d’expérience de vie concernés par l’ensemble des projets intégrateurs. Il appartiendra à l’enseignant de compléter ou de raffiner cette liste, compte tenu du projet particulier concerné et des modalités de réalisation qu’il aura choisies pour sa classe.

Tous ces projets sont des projets de communication. Outre les compétences transversales, ils concernent donc d’office le programme de français. Les compétences disciplinaires pertinentes du programme de français sont, elles aussi, identifiées en annexe.

Pour la plupart de ces projets (particulièrement le journal, le site Web et l’exposition), le produit final devra traduire une préoccupation d’esthétique visuelle. En ces cas, le programme d’arts plastiques devra également mis à contribution.

Finalement, comme chacun de ces projets peut intégrer pratiquement n’importe quelle thématique choisie par l’élève ou le groupe ou imposée par l’enseignant, il est possible de faire appel à telle ou telle compétence propre à chacun des programmes disciplinaires. Ici aussi, l’enseignant devra les identifier en en tenir compte dans l’organisation des activités d’apprentissage.

Sur ce point précis, une mise en garde nous semble essentielle. Il ne suffit pas de faire une section de site Web sur Samuel de Champlain, par exemple, pour prétendre d’office que ce projet développe des compétences disciplinaires en histoire ou de faire une expo-sciences pour que les apprentissages des programmes de science et de technologie soient accomplis. Le thème n’est pas la compétence: il n’est que le contexte dans lequel elle se développe. L’enseignant qui désire se servir de ces projets intégrateurs pour planifier des apprentissages dans tel ou tel programme disciplinaire devra impérativement s’assurer que les activités d’apprentissage qui permettront de réaliser le projet respectent les éléments de compétence visés ainsi que leur contexte de réalisation. Sinon, rien ne viendra distinguer un tel projet d’une simple activité parascolaire… ce qu’il n’est pas!

Autre mise en garde: vu leur ampleur, plusieurs de ces projets seront le résultat d’un travail d’équipe ou d’un effort collectif. Ce mode d’organisation entraîne nécessairement entre les élèves du groupe ou les membres d’une équipe une répartition des rôles et des tâches — ce qui, d’ailleurs, donne lieu à des apprentissages sociaux ou méthodologiques importants. Toutefois, il ne faut jamais perdre de vue que, si la réalisation est collective, les apprentissages demeurent individuels. L’enseignant devra se garder de conclure que tous les élèves ont développé les compétences attendues du seul fait que la réalisation du projet l’exigeait. Si, dans une équipe, la tâche d’un élève a consisté exclusivement à trouver ou concevoir des images pour illustrer un reportage écrit, par exemple, cet élève n’a développé aucune compétence d’écriture. Il faudra donc en tenir compte dans le dossier d’apprentissage de chaque élève. Quand la nature du projet le permet, il faudra prévoir une rotation des rôles et des tâches de façon que chaque élève puisse accomplir, à un moment ou à un autre, les diverses tâches permettant de réaliser les apprentissages.

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